Édition spéciale
29 juillet 2005
RÉUNION SUR LE PLAFONNEMENT DES COMMISSIONS DE BASE

Henri Castillo, directeur général de l’ACTA - division Québec
Pour faire suite à la réunion tenue par l’ACTA le 27 juillet dernier et concernant le plafonnement des commissions de base, un compte rendu officiel a été émis aujourd’hui afin de faire connaître les réponses aux demandes formulées par de nombreux professionnels dans le domaine du voyage. Voici le compte rendu intégral d’Henri Castillo, directeur général de l’ACTA - division Québec, qui y développe en détail les différents points couverts et les solutions possibles dégagées lors de cette rencontre.

 

BUREAU DE L’ACTA


COMPTE-RENDU
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La réunion convoquée par l’ACTA sur le plafonnement des commissions de base par NOLITOUR répond à une demande formulée par plusieurs dans le but d’examiner les retombées et les implications de cette décision.

Participants
Michelle Andréani, Associatour
Nathalie Guay, Ensemble
Jocelyne Faucher, Thomas Cook
Pierre-Léo Joseph, Voyages Boisbriand / Secrétaire du conseil régional de l’ACTA
Sylvain Lastère, Voyages Vasco
Moscou Côté, Voyages Constellation
Jean Heiler, Uniglobe
Jean Collette, Club Voyages Cyr et Dumoulin / Président du conseil régional de l’ACTA
Henri Castillo, ACTA

Retenus
Lise Martel, American Express
Dominique Continelli, Funtastique
Carole Chartrand, Voyages Jean-Pierre

Plusieurs autres n’ont pu se libérer de leurs engagements mais ont appuyé l’initiative.
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Jean Collette, président du conseil régional de l’ACTA pour le Québec a joué le rôle de modérateur. Il a ouvert le débat en précisant ce qui suit.

« Bien que notre rencontre fasse suite à la décision de NOLITOUR, notre volonté de réagir touche de très près l’effet d’entraînement qu’elle pourrait avoir chez d’autres grossistes ainsi que les conséquences éventuelles pour les détaillants. Le tour d’horizon proposé aujourd’hui pourrait faire l’objet d’un suivi formel avec les grossistes, possiblement par le biais de l’ATOQ ».

DÉCISION DE NOLITOUR

Commentaires
Il est ressorti des discussions que, sans accepter le plafonnement à 8%, la vente en direct est une réalité; cependant :

1) Les destinations offertes devraient se limiter là où la concurrence de la vente en direct est présente.

2) NOLITOUR dans ses publicités / annonces devrait ajouter que les forfaits sont disponibles au même prix dans les agences de voyages. Ceci aurait pour effet tout au moins d’inviter le client à s’informer ou à consulter l’agent de voyages et non à l’éviter. En d’autres termes, cela permettrait d’équilibrer les possibilités de vente.

3) Les commissions versées aux distributeurs compensent largement les dépenses auxquelles devraient consentir les grossistes s’ils devaient mettre en place un système de distribution équivalent.

4) La vente par Internet bien que très véhiculée ne représente aujourd’hui qu’un faible pourcentage des ventes totales. Une récente étude faite aux États-Unis révèle que 70% des voyageurs préfèrent consulter leur agent de voyages. Nous soupçonnons le même ratio au Canada.

5) Ce sont les détaillants qui apportent aux grossistes leur pouvoir de négociation, il est donc naturel de le répercuter aux agences.


RELATIONS DÉTAILLANTS / GROSSISTES

Plusieurs commentaires ont été faits sur le positionnement détaillants / grossistes.

1) La concurrence
Il a été observé que la concurrence est plus vive en Ontario qu’au Québec et que les prix de forfaits similaires y sont généralement plus bas. Malgré tout, les commissions payées aux détaillants sont supérieures à celles payées au Québec. À ce titre, y aurait-il lieu d’attiser la concurrence dans notre région? D’après les participants à la réunion, on se dirige localement vers une situation d’oligopole sinon de monopole.

2) La commercialisation des ventes de dernière minute a été soulevée pour souligner que les détaillants y ont accès au cours des derniers 14 ou 30 jours de l’écoulement de l’inventaire non vendu. À ce titre, deux opinions ont été manifestées :

a) La logique semblerait vouloir que les commissions accordées sur cet inventaire soient supérieures aux commissions de base.

b) Que les grossistes n’utilisent pas de subterfuge à plus de 30 jours de la date de départ (en dehors de la période dite de vente de dernière minute, c’est-à-dire 14 à 30 jours) pour baisser le prix d’un forfait de 3 ou 5 $ pour faire basculer les commissions de 12 ou 15% à 8%.

ALTERNATIVES
Devant le déséquilibre caractérisant les rapports entre détaillants et grossistes, d’autres idées ont surgi :

1) la création d’une centrale d’achat de forfaits chez les grossistes et autres fournisseurs de services dans le but d’établir un meilleur équilibre dans les rapports détaillants / grossistes.

2) Certains on même envisagé de s’unir pour constituer un grossiste. Cette alternative n’a pas fait l’unanimité. Par contre, celle de la centrale d’achat a retenu l’attention.

3) Tel qu’indiqué plus haut, il a été reconnu que l’environnement compétitif est faible au Québec et qu’il serait de mise que l’on examine ce que d’autres ont à offrir dans le reste du Canada, voire le Nord-Est des États-Unis. L’option d’inviter d’autres prestataires de services a été retenue.


GÉNÉRAL

Une autre corde sensible chez les participants est le manque de compensation sur les surcharges appliquées en sus des prix des forfaits. Tous s’entendaient sur l’importance de faire un ménage dans la catégorie des taxes, frais et surcharges. Les détaillants veulent un partage plus équitable des revenus. Ils doivent prélever des frais administratifs sur la perception et l’administration des taxes, frais surcharges etc. Tous se sont entendus pour inclure ce point aux négociations futures.

Dans l’ensemble, la réunion a dégagé la volonté d’être proactif devant non seulement la décision de NOLITOUR mais surtout de ce qu’elle pourrait entraîner dans le futur. Le groupe a également manifesté le besoin de recréer un comité de détaillants au sein de l’ACTA et devenir l’interlocuteur éventuel des prestataires de services. Ceci permettrait aux grossistes de consulter les détaillants au lieu d’établir une action unilatérale.

En conclusion, les détaillants présents lors de la rencontre veulent plus d’encadrement dans l’élaboration et la constitution des protocoles qui régissent les ententes entre grossistes et détaillants.

P.S. ACTA déplore que un ou plusieurs de ses membres aient trouvé bon de rapporter à Tourisme Plus les détails des échanges qui ont eu lieu au cours de la réunion et ce avant que le compte-rendu officiel ne soit émis. Loin d’une critique, l’on aurait souhaité plus de solidarité.


Henri Castillo
Directeur général de l’ACTA pour le Québec