Montréal,
le 27 juin 2003 – Éric Lussier, Président
de l’Association professionnelle des agents de
voyages a annoncé aujourd’hui que l’Association
a fait parvenir une lettre ouverte au Premier Ministre
du Québec l’avisant personnellement des
dangers entourant l’application de la Loi sur
les agents de voyages et les conséquences extrêmement
sérieuses que cette application pourrait avoir
sur les consommateurs, les agences de voyages et Air
Canada.
« Depuis plusieurs
années, déclare Éric Lussier, des
rencontres ont eu lieu entre les représentants
du Gouvernement et l’Association professionnelle
des agents de voyages du Québec (APAV). Au cours
de ces réunions, l’APAV a exprimé
ses inquiétudes quant à l’obligation
de résultat que la Loi réserve à
l‘agent de voyages en cas de faillite d’un
fournisseur, incluant les compagnies aériennes.
»
Il est à noter
de plus que le compte en fiducie dans lequel l’agent
de voyages dépose le paiement de son client est
débité par les compagnies aériennes
tous les 7 jours.
« Le fonds commun
des agents détaillants formé du cautionnement
de chaque agence sert de protection en cas de faillite
ou de fermeture d’une agence et est contrôlé
et administré par l’Office de la Protection
du consommateur. La loi québécoise offre
une protection au consommateur si l’achat de ce
dernier a transigé par le biais d’une agence
de voyage québécoise dûment enregistrée
auprès de l’Office de la protection du
consommateur même si le fournisseur (compagnie
aérienne) déclare faillite et ne livre
pas le service auquel il s’est engagé et
pour lequel le consommateur a payé », continue
Éric Lussier.
Toutefois, bien que
l’OPC promette une grande protection, le fonds
commun des détaillants ne se monte qu’à
3.1 millions $. Si ce fonds peut être considéré
comme suffisant pour rembourser les consommateurs dans
le cas d’une faillite de petite envergure, il
ne sera bien évidemment jamais suffisant pour
rembourser tous les clients dans le cas d’une
faillite d’un transporteur de l’envergure
d’Air Canada.
« Cette situation
est fort inquiétante, dit Éric Lussier.
Non seulement ces dispositions sont injustes pour l’agent
de voyages et trompeuses pour le consommateur, mais
le gouvernement du Québec s’expose d’une
part à une situation fort embarrassante découlant
de l’application des règles régissant
l’industrie du voyage, mais également à
voir de très nombreuses poursuites intentées
soit de la part des agents de voyages, soit de celle
des voyageurs/consommateurs ».
« Nous savons
que le gouvernement est au courant de la situation,
mais aucun redressement ne semble avoir apporté
de solutions et aucun rapport ne semble avoir été
fourni sur la progression de mesures à venir.
»
L’attention de
l’Association des agents de voyages a été
particulièrement attirée et son inquiétude
a atteint son apogée la semaine dernière,
lorsque les vérificateurs, dans le cadre de la
restructuration d’Air Canada, ont exprimé
leur « grande inquiétude » devant
l’ampleur du déficit déclaré
par Air Canada au montant de 375,9 millions $. Cette
inquiétude ne peut que grandir lorsque l’on
sait que Air Canada a déclaré que les
ventes de billets effectuées à l’avance
représentaient la somme de 434 millions $.
Environ 80 % des ventes de billets d’Air Canada
sur une base mondiale s’effectue par l’intermédiaire
des agences de voyages. De ce pourcentage, 60 % des
ventes sont effectuées par des agences de voyages
canadiennes et, de ce 60 %, 20 % sont effectuées
par des agences de la Province de Québec. Il
est dès lors possible d’évaluer
les conséquences d’une éventuelle
faillite du transporteur national sur le fonds des détaillants
québécois à environ 42 millions
$.
Dans le cas du transporteur
national, même si le Québec déduisait
du fonds commun des détaillants les 3,1 millions
$ qui s’y trouvent, toutes les agences de voyages
de la province devraient déclarer faillite si
elles devaient être forcées de rembourser
la différence entre le montant du fonds et le
montant total des sommes à rembourser aux consommateurs
(39 millions $).
« Nonobstant
notre désir de voir l’obligation de résultat
retirée de la Loi sur les agents de voyages du
Québec, nous sommes conscients que, quelle que
soit la solution apportée par le gouvernement
du Québec, ce dernier devrait s’assurer
de coordonner ses actions avec le gouvernement de l’Ontario
», souligne Éric Lussier.
L’Association
professionnelle des agents de voyages souhaite en effet
qu’il y ait concertation sur le même sujet
avec le gouvernement de l’Ontario et son ministère
des Services aux consommateurs et aux entreprises afin
que les agents de voyages du Québec ne soient
pas désavantagées par rapport à
leurs collègues de l’Ontario, dont les
réclamations sont similaires.
« Nos membres
désirent appuyer le transporteur national, particulièrement
au moment où celui-ci en a le plus besoin. Pour
plusieurs d’entre eux, la viabilité de
leur entreprise est étroitement liée au
succès de la restructuration du transporteur
national. Cependant, pour que les agences détaillantes
québécoises puissent vendre Air Canada
sans risque, le gouvernement du Québec doit immédiatement
prendre les mesures nécessaires aux amendements
requis à la Loi sur les agents de voyages, afin
que ces agences ne soient pas financièrement
tenues injustement responsables d’un échec
de restructuration » dit Éric Lussier.
L’APAV demande
au gouvernement de procéder immédiatement
aux amendements nécessaires à la Loi sur
les agents de voyages du Québec, car, comme nous
le savons tous très bien, dans l’éventualité
d’une faillite d’Air Canada, ni le gouvernement,
ni le fonds des détaillants, ni l’OPC ne
seraient en mesure de rembourser tous les consommateurs
québécois.
L’Association
professionnelle des agents de voyages, APAV et CSTAR
(Toronto) représentent 5 000 agences de voyages
d’un océan à l’autre. Pour
de plus amples informations, prière de communiquer
avec Élisabeth Reney (514) 845-0001 poste 21
ou elisabeth.reney@apav.ca.
Source : Association professionnelle des agents de voyages,
514-845-0001