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Veuillez prendre note que les portraits sont immuables après la parution initiale.
Des changements dans le parcours professionnel de ces personnalités peuvent avoir lieu. « On pourra me passer sur le corps avant que je change de profession »
Michel Derome, 57 ans, est agent de voyages depuis près de 25 ans et, après presque un quart de siècle à œuvrer dans cette profession, il est toujours aussi passionné et il n’est surtout pas sur le point de s’arrêter. Plongé à fond dans ses entreprises, il est aujourd’hui propriétaire de deux agences, le Club Voyages Tourbec et le Club Voyages Champfleury, toutes deux situées à Laval. ExpressVoyage.ca vous livre le portrait d’un agent de voyages qui concentre ses énergies à demeurer professionnel et se garde du temps pour ce qui compte le plus dans sa vie, sa famille.
Selon Michel Derome, trois qualités sont essentielles pour être un bon agent de voyages : la passion, la connaissance et l’empathie. « J’échange beaucoup avec les clients. Les clients ne sont pas des numéros », dit-il. « C’est en parlant, en les écoutant et en les questionnant sur les intérêts qu’on peut mieux les conseiller. Si les gens aiment le vin et veulent vivre cette expérience, je ne les enverrai pas en Bretagne. Si ils aiment la montagne, je ne les enverrai pas dans une plaine », illustre-t-il.
« Tout ne se fait pas tout seul. Il faut s’entourer de bons agents. C’est un travail d’équipe, chacun a ses forces dans certaines destinations. Avoir des bons employés, c’est important », croit-il. Aujourd’hui, il emploie 15 personnes à temps plein, en plus de trois agents extérieurs. Avec ses deux agences, son chiffre d’affaire s’élève à neuf millions de dollars.
Même si Michel Derome adore son métier, il déplore parfois quelques facettes de celui-ci, comme la compétition. « Aux États-Unis, je ne sais pas si c’est encore comme ça, mais il y a des quotas de permis. Pourtant, c’est un pays libéral. Ici, dans notre petit marché, il y a des agences à n’en plus finir. Et à en regarder certaines, on a parfois honte de notre métier… ».
L’essentiel pour survivre comme agent de voyages aujourd’hui selon lui, c’est de continuer à être positif. « La clientèle, il faut bien la servir, essayer de la chouchouter et de trouver des idées qui vont faire en sorte que nous allons continuer à être compétitifs au niveau de l’originalité ».
Michel Derome est d’accord pour dire que les forces du marché sont incontrôlables, comme l’arrivée de la technologie. « Il y a des gens qui vendent leur maison en direct, et il y a des agents immobiliers qui réussissent très bien », compare-t-il. « Il y a des gens qui vont acheter leurs billets d’avion sur Internet, et il y a agents de voyages qui vont continuer à faire leur métier quand même. »
En ce qui le concerne, jamais il ne changerait de métier. « J’en mange! », s’exclame Michel Derome. « C’est une passion alors je pense qu’on pourra me passer sur le corps avant que je change de profession! ».
Il est tombé dedans quand il était petit
Avant de devenir agent de voyages, Michel complète un baccalauréat en géographie à l’Université de Montréal et s’oriente plutôt vers ce domaine. S’il est atterri dans le domaine du tourisme, c’est un peu, comme il le dit, « arrivé par hasard ».
« Comme j’étais en géographie à l’Université de Montréal, je me destinais un peu plus vers l’urbanisme », explique-t-il. Son père étant ingénieur et arpenteur de profession, il a été intéressé très tôt par les plans et les cartes. « Je suis tombé dedans quand j’étais petit, ni plus ni moins ».
« J’avais le goût d’explorer le monde, ça s’est présenté comme ça et de fil en aiguille, j’ai fait mon chemin ».
Celui qui lui a donné sa première chance, en 1972, c’est Robert Perreault, directeur, à l’époque de Tourbec. Ainsi, durant un été, Michel est guide accompagnateur pour Tourbec.
Puis, après avoir complété son baccalauréat, il devient agent de voyages chez Tourbec. « À ce moment-là, je m’occupais de développer le Québec, et faire découvrir le Québec aux Québécois. » Il travaille de pair avec Jean-Marc Eustache, qui lui, s’occupe du volet international et de faire découvrir le monde aux Québécois.
Par la suite, il travaille à la Société de développement et de tourisme de la Baie James durant trois ans, de 1979 à 1982. Il est alors en charge des projets de développement touristiques et du développement du plein air, de la chasse et de la pêche. Il s’occupe également des visites des barrages, qui accueillaient 10 000 visiteurs par an.
Après cette expérience, il décide d’effectuer un retour aux études. Il complète alors un certificat en gestion du marketing aux Hautes Études Commerciales, qu’il termine en 1984.
Comme il avait déjà commencé à voyager un peu, les gens de son entourage se réfèrent souvent à lui. « Les gens me demandaient des conseils. Je me suis dit, aussi bien en vivre! ».
Il retourne alors chez Tourbec, où il obtient un poste à temps plein dans un des bureaux, celui de Côte-des-Neiges.
Quelques temps plus tard, il ouvre une franchise de Voyages Évasion à Laval. En 1989, il devient le premier franchisé de Tourbec, alors que l’entreprise est devenue privée et que Jean-Marc Eustache en est le président. Depuis, il a développé, dans ses deux agences, trois créneaux : l’Europe, le Sud et le commercial.
Le plus important, la famille
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| Michel, Marie-Paule, Anaïs, Julie, Jonathan, Camille, Mathieu |
Il n’y a pas à dire, Michel Derome, qui a grandi à Valleyfield, est un gars de famille. « La famille, pour moi, c’est important », dit-il. « Je viens d’une famille de six garçons, j’ai quatre enfants et trois petits-enfants ».
Sa fille Julie a même suivi ses traces. Elle travaille comme agente de voyage avec son papa depuis maintenant cinq ans. Son garçon Mathieu, est analyste financier, sa fille Anaïs est physiothérapeute et son autre fille Camille étudie à l’Institut de tourisme et de l’hôtellerie du Québec, non pas en tourisme, mais plutôt en gestion hôtelière.
Même s’il n’a poussé aucun de ses enfants à le suivre, c’est pour Michel un grand bonheur de travailler avec l’une de ses filles, Julie. Quoiqu’au début il avait quelques craintes. « C’est toujours un peu inquiétant pour un parent quand un de ses enfants veut suivre ses traces. On se dit que c’est difficile… Mais, aujourd’hui, je suis bien content que ma fille travaille avec moi. »
Sa passion pour les voyages, il l’a d’ailleurs transmise à toute sa famille. « Nous avons souvent fait des voyages ensemble. Selon moi, c’est la plus belle école. »
Grand amoureux de l’Europe, Michel a acheté, avec trois autres couples d’amis, une maison en Provence, voilà maintenant deux ans. Située à Pernes-les-Fontaines (village qui porte son nom à cause des 40 fontaines actives qui s’y trouvent), cette maison n’était même pas à vendre au moment où ils en ont fait l’acquisition.
« Cela a été une chance inouïe », raconte-il. « Un ami qui connaissait le propriétaire m’a téléphoné, parce que les locataires partaient dans quelques mois. Chaque deux ans, il cherchait des locataires ». Un mois plus tard, il saute dans l’avion pour la France. Il arrive un jeudi, rencontre le propriétaire le samedi, lui fait une offre le dimanche et le lundi, il était déjà de retour pour Montréal, propriétaire d’une nouvelle maison en Europe!
La retraite ? Pas pour bientôt!
« Ma femme a un an plus jeune que moi, et je pense qu’elle va prendre sa retraite avant! », exprime Michel. « Je n’ai pas l’intention d’abandonner. Je veux continuer le plus longtemps possible. C’est sûr que je ne prendrai jamais ma retraite du jour au lendemain. »
N’empêche, quand il aura un peu plus de temps pour lui, Michel a de quoi s’occuper durant des années : il possède toute une banque de négatifs sur lesquels il pourra travailler. La photographie est une passion qu’il a développée dès l’âge de 16 ans.
« J’ai pris beaucoup de photos de personnes, surtout en Europe, on dirait que c’est plus facile. C’est peut-être pour ça que j’aime autant l’Europe. Il y a une tradition, là-bas, de photographes et de reporters. Il y a eu de grands photographes dans leur histoire et ils sont imprégnés de ça. C’est normal pour eux qu’on prenne des photos partout sur la rue. J’adore l’Europe pour ça ».
Il y a sept ans, il a fondé un club de photographies à Rivières-des-Prairies dans le but d’échanger, progresser, participer à des expositions ainsi qu’à des concours. Comme il le mentionne, c’est un hobby très individuel, très personnel. « En groupe, on échange des trucs, des conseils ».
« C’est donc un beau hobby qui se marie bien avec le voyage! », mentionne Michel. En 1979, il a même réalisé un livre de photographies sur le Québec, « Impressions du Québec », avec Normand Cazelais.
« Je connais très bien le Québec », souligne Michel. « J’aime beaucoup le fleuve Saint-Laurent. Juste contempler la nature, respirer la mer, j’aime ça sentir le fleuve, être près de la mer, de la plage, des côtes. Entendre le mouvement de la mer, pour moi, c’est la plus belle chose au monde. »
Michel Derome n’a pas l’intention d’arrêter d’exercer son métier de façon radicale. « Se retirer, ça doit faire un pincement au cœur », dit-il. « Arrêter du jour au lendemain, ça serait impensable ». Sa clientèle fidèle pourra donc compter sur lui pour encore un bon moment…
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