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27 février 2007

Qui est Sam Char, Personnalité de l’année 2005?
Éva Lecouteur-Bédard
Sam Char

Il a fallu tordre un bras à Sam Char pour qu’il accepte que l’on écrive son portrait.  « Je pense que je suis assez réservé sur ce côté-là.  Je parle très, très, très rarement de ma vie privée.  Je me confie très rarement ».  Pourtant, il a un discours passionnant et en-dehors de ce qu’on connaît de lui côté professionnel, il est un homme intéressant à découvrir.  Comme il a été élu par ses pairs « Personnalité de l’année » du concours Les Mentions d’honneur 2005 de Logimonde l’an dernier et dans le cadre du lancement de la quatrième édition de ce concours, ExpressVoyage.ca vous présente le portrait de Sam Char, directeur exécutif de Sunwing Québec.

Saviez-vous que Sam Char est champion canadien de taekwondo et ce, à deux reprises?  « J’ai commencé à l’âge de 13 ans le judo et à l’âge de 16 ans, je me suis lancé dans le taekwondo et j’ai gravi les échelons assez rapidement », raconte-il.  Il est ceinture noire en judo et l’un des rares maîtres au Canada en taekwondo.  Il a remporté le championnat canadien à l’âge de 24 et 27 ans.  Il aurait bien aimé participer aux Olympiques mais, à l’époque où il s’entraîne à plein temps, le taekwondo n’est pas encore une discipline olympique (elle l’est seulement depuis les deux derniers Jeux).  « Cette détermination et cette discipline des arts martiaux me servent dans mon travail », soulève Sam.

Dan Ackroyd
Il a également été gérant de deux champions du monde : Darrel Henegan,  champion du monde en taekwondo, poids lourd, et Jersey Long, champion du monde en kick-boxing, poids mi-lourd.  Son travail consiste alors à gérer leur carrière et leur trouver des combats à travers le monde.

Sam a même été l’entraîneur privé de l’acteur canadien Dan Ackroyd, vedette de plusieurs productions hollywoodiennes, dont Ghost Busters.  Mais la carrière au cinéma de Sam ne s’arrête pas là!  Il a aussi été cascadeur dans cinq films.

Passionné de sport, il joue au tennis depuis une vingtaine d’années.  Avec les années, Sam est devenu amoureux de la musique classique et des musées.  « J’aime bien aller voir les musées à travers le monde.  C’est l’une des premières choses que je vais visiter ».  Son préféré est sans hésiter le Louvre.  « Quand on va dans des villes comme Paris ou Vienne, la ville est musée.  L’architecture est un musée », ajoute-il.

Comme certains ont pu le constater à quelques reprises, Sam Char a de véritables talents de chanteur, pour ne pas dire qu’il est une vraie bête de scène!  Déjà, à l’âge de 16 ans, il fait partie d’un groupe de musique, The Living Cemetery (le cimetière vivant), dans lequel joue également son frère Antoine.  Ils ont joué dans plusieurs bars de Montréal.  Sam a également participé trois fois au Festival international de Jazz de Montréal, avec un big band de 16 musiciens, appelé le Triolet.



Sam Char, écrivain

D’autre part, Sam Char n’est pas seulement un entrepreneur et un homme d’affaires accompli, il est également auteur!  Il n’a publié pas moins d’une demi-douzaine de livres, dans différents domaines.  Le premier, « Une philosophie de vie », est paru dans les années 80 et le dernier, « Au cas où…  Guide d’auto-défense au féminin », a été publié en 2000.  Selon les experts dans le domaine, il s’agit du meilleur livre écrit en français sur le sujet.

Signera-t-il d’autres œuvres?  « J’ai d’autres projets, c’est sûr qu’il y en aura d’autres », répond-il.

Même s’il considère que cela a été quelque chose de naturel d’écrire, Sam affirme que c’est un peu le voyage qui l’a emmené à écrire.  « J’ai fait des longs voyages.  Tu prends des notes, tu regardes. »

Et ce qui l’a emmené à voyager, ce sont ses parents.  Sa mère étant d’origine libanaise et son père, métissé Français, Italien et Libanais, ces derniers ont de la famille un peu partout dans le monde, qu’ils ont visité régulièrement.  Sam Char a grandi en Côte-d’Ivoire et en France, avant de venir s’installer avec sa famille au Québec, alors qu’il est âgé de 15 ans.

Il a ainsi connu la passion du voyage en développant parallèlement la passion de rencontrer des gens, qui parlent différentes langues et qui proviennent de différents horizons.  Sam parle d’ailleurs six langues : français, anglais, espagnol, italien, portugais et libanais.

Aujourd’hui âgé de 51 ans, Sam est père de deux enfants, avec qui il partage cette passion du voyage : Julien, 16 ans, et Éliane, 12 ans.  Sa femme est psychologue de formation et s’est spécialisée avec les personnes âgées.  Aujourd’hui, elle est maman et épouse à temps plein. 

« La famille ce n’est pas important, c’est LE plus important », confie-t-il.  « Pour moi, le plus beau rôle que je ne puis pas avoir, c’est d’essayer d’être un bon parent.  D’essayer de donner tout ce qu’on peut donner comme savoir et comme confiance  à nos enfants pour les envoyer sur le tremplin.  Après, c’est à eux de sauter ».

« Un noyau familial est vital, si on veut réussir également en affaires, comme dans sa vie privée.  C’est très difficile de réussir l’un sans l’autre ou vice versa ». 

Entrepreneur, de père en fils

Entrepreneur dans l’âme, Sam vient d’une famille d’entrepreneurs : son père, sa mère, ses oncles, etc.  « Ce sont des gens, des self-made men, qui n’ont jamais eu de patrons », explique-t-il.

Il a pris l’arrivée de Sunwing dans sa vie, qu’il voit comme une aventure extraordinaire, de façon très posée.  « J’ai une très bonne connaissance de l’immobilier et j’ai pris des risques également dans l’immobilier ».

« Ça a été une décision qui n’a pas été difficile à prendre, avec tout le respect que j’ai pour les autres compagnies pour lesquelles j’ai travaillé, qui sont des grosses boîtes ».

Mary Aversa, directrice générale pour le Québec chez Vacances Signature, Sam Char
Sam avait commencé un baccalauréat en administration des affaires aux Hautes Études Commerciales, qu’il n’a jamais terminé.  Il met les pieds dans le milieu de l’aviation à l’âge de 24 ans, chez Air Canada, où il touche aux activités aéroportuaires, aux réservations, aux ventes et au marketing.  Il y a passé une dizaine d’années.  Puis, il entre chez Nationair, où il commercialise, entre autres, les vols réguliers sur Bruxelles, en Belgique, et Margarita, au Vénézuela.  En 1994, il fonde sa propre compagnie, Vacances Air Pax qui, quelques années plus tard, est revendue à Canada 3000.  C’est là qu’il rencontre la famille Hunter, qui a fait naître Sunwing.  Mais avant de joindre les rangs de Sunwing, il a travaillé chez Nolitours, durant neuf mois, puis chez Vacances Signature, de 2002 à 2006.

« Dans une plus grosse boîte, tu es juste un joueur dans le rouage.  Avec une plus petite boîte, tu deviens pas juste un joueur, tu deviens LE joueur, disons, dans mon cas, au Québec », souligne Sam Char.  « Parce que mon rôle au Québec, ce n’est pas juste au niveau de Vacances Sunwing.  Je suis directeur exécutif de Sunwing Québec donc mon travail, c’est d’avoir une vision et de préparer le développement de l’entreprise Sunwing Québec tant au niveau de l’aérien que du tour-opérateur, pour les années à venir », explique-t-il.

Colin Hunter et Sam Char
Ce qu’il apprécie le plus chez Sunwing, c’est que les décisions se prennent rapidement et entre très peu de gens.  « Ces gens-là ont un modèle d’affaires qui correspond avec ce que je suis », dit-il.

Sa plus grande qualité est, selon lui, l’intégrité, qu’il retrouve également chez Colin Hunter et les autres membres de sa famille.  « Qui se ressemble s’assemble.  Sans que nous soyons des saints, je pense que nous sommes des gens intègres et pour moi, c’est une des plus belles qualités ».

La famille Hunter l’a d’ailleurs accueilli comme un des leurs.  « Une famille qui m’a fait confiance, qui m’a donné les clés du bureau et qui m’a dit ‘make it happen’ (fais en sorte que ça marche) ».

Que lui réserve l’avenir?

Luce Bureau, directrice adjoint développement aérien - passagers, Aéroport de Montréal et Sam Char
Sam Char a l’intention de travailler encore longtemps.  D’ailleurs, pour lui, travailler n’est pas un fardeau.  « Mon père, il est presque mort en travaillant.  On a eu une éducation comme ça.  Je ne suis pas un fonctionnaire, je ne suis pas syndiqué, je suis un homme d’affaires.  Je ne peux compter que sur moi, je n’ai pas de RÉER du gouvernement, je n’ai pas de RÉER d’un employeur, donc c’est moi-même qui dois faire mon avenir. 

Mais j’espère travailler, que ce soit avec Vacances Sunwing, ou dans le futur dans mes investissements personnels immobiliers.  Définitivement, le travail, c’est la santé.  Et tant que je peux travailler, c’est valorisant.  J’aime travailler;  travailler pour moi, ce n’est pas difficile.  Je ne suis pas pour l’oisiveté.  Mon rêve c’est de travailler et voyager », poursuit Sam.

Donald Trump
Il croit que ce qu’il a entendu dire récemment de Donald Trump, un de ses idoles dans l’immobilier : « If you don’t like, love your job, you are never gonna succeed » (il faut non seulement que tu aimes, mais que tu adores ton travail sinon, tu ne vas jamais réussir).  « Si on n’aime pas ce qu’on fait, on devient malheureux.  La vie est juste trop courte, parce qu’on est vraiment juste de passage, pour ne pas aimer ce qu’on fait.  Surtout ce qu’on fait le plus », soulève Sam.

Il aime d’ailleurs se rappeler une phrase célèbre du grand cousin de son père, l’écrivain français René Char : « Je suis heureux parce qu’aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie ». 

L’une des choses dont il est le plus fier relativement à l’arrivée de Sunwing au Québec, c’est d’avoir créér des emplois, dont 170 directs.  « À chaque deux semaines, sur chaque enveloppe de feuille de paye, j’écris ‘merci’, pour tout ce monde-là ».  Il se considère comme un chef d’orchestre.  « Chaque maillon de la chaîne est important.  Quand il y a un maillon qui brise, toute la chaîne tombe », illustre-t-il.

« Pour l’instant, toute ma vision, tout mon travail, tout mon dévouement est vraiment à Vacances Sunwing » indique Sam.  « Avant tout, c’est ce que j’ai à coeur : conserver les emplois qu’on a, faire progresser la compagnie, lui donner une croissance prudente.  L’hiver n’est pas fini, mais c’est pratiquement mission accomplie pour Vacances Sunwing.  Nous devions avoir 32 000 sièges, nous sommes rendus à 70 000 sièges au Québec ».

Ce succès, il l’attribue en grande partie à l’appui des agences de voyages, à qui il voue un amour et une reconnaissance incommensurables.

« Moi, je crois qu’il y a un rôle pour l’agent de voyages, le voyagiste, la compagnie aérienne, mais chacun doit se cantonner dans ses propres affaires.  Mais que tous, fondamentalement, doivent se dire « let’s have fun together ».  On est avant tout des partenaires, ensemble à part entière », tient à dire Sam.  « Quand le consommateur vient nous voir, on lui vend un beau rêve, de partir.  Il faut qu’on revienne à rallumer cette flamme-là.  Ce n’est pas ma responsabilité, c’est la responsabilité de tous et chacun dans l’industrie ». 

 

 



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