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16 avril 2008

Patrice Malacort, homme de défis
Véronique Leduc
Dans la vie, Patrice Malacort aime que ça bouge!  Menant sa barque entre la Belgique et le Québec, il a roulé sa bosse en Europe, au Canada et aux États-Unis et a participé au démarrage de nombreuses entreprises avant de démarrer la sienne.  Et après plus de 30 ans dans le milieu, il parle de son travail avec une passion qui ne semble pas être sur le point de s’éteindre!

Patrice Malacort

Patrice Malacort est belge d’origine et c’est là qu’il a fait ses études en tourisme.  « En sortant du secondaire, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, explique-t-il.  C’est le choix de carrière d’un ami qui allait étudier en gestion hôtelière qui m’a influencé!  À ce moment, j’avais déjà eu la chance de voyager au Canada, en Yougoslavie et en Espagne et en tant qu’étudiant, j’avais travaillé dans les trains, ce qui m’avait permis d’aller entre autres en Italie et en France.  Comme j’avais encore envie de voyager, la gestion hôtelière m’apparaissait être intéressante parce que je trouvais que ça avait une dimension internationale. »  Mais quand il décide d’aller s’inscrire au programme, on l’informe qu’il existe aussi un cours en gestion du tourisme. Celui qui désire voir le monde, rencontrer des gens et échanger trouve que ce cours répond encore plus à ses besoins et s’y inscrit. C’est ainsi qu’après ses études, il commence à travailler, à Bruxelles, dans de petites agences comme agent de réservations.

Une carrière mouvementée

Puis, dans la jeune vingtaine, il décide de venir tenter sa chance au Québec.  « À l’époque, mon père vivait ici, explique-t-il, alors depuis que j’avais 16 ans, je venais chaque été passer mes vacances au Québec.  J’ai décidé de venir y vivre parce que je trouvais que le Canada correspondait mieux à mes aspirations de l’époque.  Dans ces années-là, il y avait ici une effervescence qui m’attirait. »  Souhaitant élargir ses horizons, le jeune homme prend un vol Bruxelles-Montréal avec Sabena le mercredi, se fait offrir deux postes, un chez Air France et un chez Sabena le vendredi, et commence son nouveau travail d’agent de billets chez Air France le lundi suivant.

« J’étais bien content parce que cet emploi me permettait d’avoir un contact avec le public, explique-t-il.  Chez Air France, j’ai beaucoup observé et beaucoup appris.  Ultimement, je voulais être représentant des ventes alors je demandais à ceux qui occupaient ce poste de les accompagner afin d’observer leur travail. » 

Nadine Droulans de l’Office de promotion du tourisme Wallonie Bruxelles, Patrice Malacort, directeur général d'Aviatours

Après deux ans, la compagnie Royal Air Maroc, qui débutait ses activités à Montréal, l’engage comme premier représentant des ventes et il devient, quelques années plus tard, directeur des ventes.  « J’ai travaillé chez Royal Air Maroc pendant 11 ans.  Ça a été un beau défi puisque c’était une compagnie qui débutait au Québec.  Sur ces années, on est passé de 100 à 10 000 clients! » 

Ensuite, Patrice se retrouve chez Nationair où l’on travaille à démarrer un vol entre Montréal et Bruxelles.  « J’ai rencontré le président de Nationair, Robert Obadia par hasard dans un cocktail. Il trouvait étrange qu’un Belge travaille chez Royal Air Maroc et il m’a proposé de travailler comme directeur du marketing du nouveau vol.  Là aussi, c’était un démarrage auquel j’ai travaillé pendant trois ans », explique-t-il. 

En 1989, après un bref retour d’un an chez Royal Air Maroc, il a l’opportunité d’entrer chez Sabena, une compagnie d’aviation belge, comme directeur des ventes pour le Canada.  Toutefois, trois ans plus tard, la route entre la Belgique et le Canada se ferme.  Il se fait alors transférer aux États-Unis où il travaille un an à New York et quatre ans à Boston.  Il décrit ses années comme ayant été une « expérience très enrichissante ».

En 1998, on lui demande de revenir à Montréal pour ouvrir à nouveau la ligne Montréal-Bruxelles de Sabena.  « Le besoin était là et cela a bien réussi.  Mais à la suite de la faillite de Swissair, compagnie avec laquelle Sabena avait fusionné plus tôt, la compagnie ferme ses portes en 2002. »

Après un an chez Austrian Airlines, il décide qu’il veut changer d’orientation.  « À la place de travailler pour une société, j’ai décidé d’ouvrir ma propre entreprise. À ce moment, j’ai eu une belle opportunité avec la nouvelle compagnie belge, Brussels Airlines, qui m’a proposé de la représenter en tant qu’agent général au Canada. »  C’est ainsi qu’en 2004 il créé sa propre entreprise, Aviajet, qui représente Brussels Airlines avec des vols Bruxelles-Europe et Bruxelles-Afrique.  Et depuis, Aviajet, qui est passée de deux à dix employés, représente aussi Air Algérie avec deux vols par semaine et trois en été.
 
« Le concept de l’agent général ou GSA est assez rare à Montréal.  En fait, l’agent général, c’est une organisation avec accréditation IATA qui représente des compagnies aériennes et qui s’occupe de tout l’aspect commercial et opérationnel pour la promouvoir.  Cela se fait sous contrat et nous permet de pouvoir représenter plusieurs compagnies.  Il y a quelques agents généraux à Toronto, mais le concept est très peu développé à Montréal », explique l’homme d’affaires.

Voyager pour rencontrer

Patrice Malacort et sa femme
Comme il l’espérait quand il était étudiant, Patrice Malacort a eu la chance de beaucoup voyager dans sa vie.  « Surtout au début de ma carrière, explique-t-il.  À cette époque les travailleurs de l’industrie étaient très choyés.  Même quand j’étais un simple agent de billets, je recevais des vols gratuits!  Alors dès que j’en avais l’occasion, je partais.  Aujourd’hui, j’ai toujours le goût de voyager mais disons que le fais à une cadence moins régulière. »  Ses coups de cœur?  « L’Europe en général pour sa richesse culturelle et les pays d’Afrique du Nord pour l’atmosphère. »  Depuis qu’il vit au Québec, il retourne aussi minimum une fois par année en Belgique, soit pour le travail, soit pour aller voir sa mère qui y vit toujours.

Sa passion pour le voyage, elle lui vient sûrement de son père qui, jusqu’à 82 ans, a voyagé avec son sac à dos.  « Il avait de la difficulté à marcher, mais il partait avec son gros sac pour voir le monde! », se souvient Patrice qui, comme son père, voyage davantage pour voir les gens que le pays.  « Voyager pour moi, c’est découvrir les gens et la culture.  Même dans un tout-inclus, je m’arrange toujours pour sortir et aller parler aux habitants. »  Selon lui, il y aurait d’ailleurs un travail à faire à cet égard dans le milieu du tourisme.  « Si les gens vont en voyage dans l’optique d’entrer en contact avec d’autres, ils verront une autre réalité qui leur donnera une ouverture sur le monde et une plus grande compréhension de l’autre. Ça me paraît très important. »

Après 34 ans au Québec, Patrice Malacort considère que sa vie est plus ici qu’ailleurs.  « Je n’ai pas d’enfants mais j’ai beaucoup de famille ici.  Mes deux sœurs sont ici, j’ai des neveux et des nièces et ma conjointe est québécoise. »  Ce qu’il apprécie le plus de son deuxième pays, c’est la gentillesse et la simplicité des gens, leur ouverture d’esprit et leur accueil.  « J’estime qu’à partir du moment où l’on est un immigrant qui a la volonté de bien s’adapter, il n’y a ici aucune difficulté à s’intégrer.  J’ai des amis marocains, algériens et africains et à ce sujet, on pense tous la même chose », explique-t-il.

Visions d’avenir

En parlant à Patrice Malacort, on se rend vite compte qu’il est encore plein de projets et d’énergie.  « Comme je ne me vois pas vieillir, j’ai envie de continuer à travailler dans ce domaine encore longtemps, avoue-t-il.  Je veux continuer à travailler au rapprochement entre les gens.  C’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur.  C’est mon idéal depuis toujours et, de faire en sorte que les peuples se comprennent, c’est la raison pour laquelle je travaille en tourisme. »



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