Cliquez ici pour imprimer
02 octobre 2008

Un visage québécois aux ventes mondiales chez Air Canada
Anne-Marie Santos
Claude Morin, nouveau vice-président aux ventes mondiales, Air Canada
Fraîchement arrivé au poste de vice-président aux ventes mondiales chez Air Canada, Claude Morin s’entretient avec ExpressVoyage.ca afin de livrer ses impressions du marché actuel et discuter de l’importance de la relation entre le transporteur et les agences de voyages. Et nous parler de ses nouvelles fonctions, bien entendu. Auparavant, il occupait le poste de président et chef de la direction d'Air Canada Cargo, société en commandite qui s'occupe des activités liées au fret de la Société. Depuis qu'il s'est joint à Air Canada en 1985, il a occupé plusieurs postes de cadre commercial supérieur.

Dans ses nouvelles fonctions, dont il s’est prévalu depuis le 1er septembre dernier, son rôle premier sera de gérer et diriger les efforts de ventes partout dans le réseau. Basé au siège social d’Air Canada à Montréal, il sera entièrement responsable de toutes les activités de ventes d’Air Canada à l’échelle du réseau, soit à travers le monde. «  L’un des aspects très importants du poste est d’être en contact avec les clients le plus souvent possible et d’établir un climat de confiance. On veut qu’ils se sentent confortables de travailler avec Air Canada ».

Ses tâches seront divisées sur plusieurs angles. D’abord, assurer un contact fréquent avec les grandes sociétés, donc les comptes corporatifs. Puis, entretenir de bonnes relations avec les grands réseaux d’agences de voyages et agences indépendantes au pays, de même qu’avec les tours-opérateurs et les agences spécialisées dans les marchés plus « ethniques ». Enfin, assurer une très grande implication au niveau du commerce électronique, par le biais des grands réseaux d’agences virtuelles ainsi que par l’intermédiaire du site Internet d’Air Canada. « En fait, mon nouveau poste, c’est un peu un mélange de tout ça. Naturellement, je ne fais pas ça tout seul. Loin de là ! Nous avons plusieurs équipes réparties partout dans le réseau et qui entretiennent ces relations », assure Claude Morin.

Travailler avec agences

Claude Morin entrevoit les relations avec les agences de voyages d’un bon œil. « Je crois que nous avons toujours eu une relation positive avec le réseau, malgré les changements majeurs que nous avons vécus ces dernières années. Ceci étant dit, je continue à croire fermement que les agences de voyages jouent un rôle très important et précis. Nous devons maintenir un dialogue ouvert et essayer de voir ensemble de quelles façons on peut coopérer dans le meilleur intérêt des deux partis. »

Lorsqu’on lui demande s’il considère que le réseau des agences de voyages demeure un canal de distribution important pour Air Canada, Claude Morin ramène le tout au choix du consommateur. « Il est clair ça demeure un canal de distribution important. Il ne faut pas se leurrer. Il y a encore plusieurs agences de voyages qui travaillent avec Air Canada par l’intermédiaire des GDS, mais il y en a également beaucoup qui viennent sur le site des agences de voyages. Donc lorsqu’on combine les deux, à ce jour, ça demeure une portion importante des revenus qu’on génère. Alors, en quelque part, on a besoin de travailler ensemble », commente le nouveau vice-président aux ventes mondiales en insistant sur le fait que l'image d'Air Canada qui tend vouloir mener ses affaires seule ne soit qu'une question de perception.

« Dans notre stratégie, nous n’avons jamais vraiment voulu éviter de travailler avec les agences de voyages. Je crois que ce que Air Canada a tenté de faire, et tente encore de faire aujourd’hui, c’est de donner le choix aux consommateurs. Et à partir du moment où le consommateur a le choix, c’est à lui de décider. Alors s’il se sent très confortable à l’idée de faire une réservation en ligne via le site web d’Air Canada, il l’a choisi. D’un autre côté, si le consommateur se sent plus confortable et rassuré de passer par l’intermédiaire d’un agent de voyages, nous n’y voyons aucun inconvénient. Il demeure un pourcentage quand même élevé de gens qui passent via leur agence de voyages. Nous n’avons absolument pas les moyens de ne pas travailler avec le réseau et nous n’aurions rien à gagner à le faire. En fait, c’est de trouver le juste équilibre entre les deux », ajoute-t-il.

Enjeux actuels

Selon Claude Morin, à l’heure actuelle, les enjeux actuels dans l’industrie sont pesants. Même si Air Canada vient de terminer une période estivale de fort achalandage avec des avions remplis à pleine capacité, les prochains mois se veulent un peu plus sombre. « Nous venons de terminer une période de vache grasse. Maintenant, de toute évidence, nous sommes au début d’une période où ça risque d’être beaucoup plus difficile en raison du ralentissement économique, de la crise financière aux États-Unis, et enfin, de la montée fulgurante du prix du pétrole. C’est évident dans mon esprit que nous sommes au début d’une période de plusieurs mois où ça risque d’être plus difficile et de devoir se battre davantage pour gagner la confiance des clients », dévoile Claude Morin. Il soutient par ailleurs que si la situation que l’on connaît actuellement aux États-Unis perdure, il faudra inévitablement prévoir un impact important au Canada.

En réaction, Air Canada entreprend dès maintenant certaines mesures afin de se préparer à cette période incertaine. Le transporteur surveille de très près les tendances dans le marché en tentant d’ajuster la capacité en conséquence. « Dès qu’on s’aperçoit que la demande commence à fléchir sur certaines routes, on réduit la capacité. Ainsi, en ce moment, la seule chose qu’on puisse vraiment faire c’est de réagir le plus rapidement possible aux signaux qu’on perçoit dans le marché », explique-t-il.

Nouveaux défis stimulants

Comment entrevoit-il ses nouvelles fonctions ? En termes de défis! Au sein d’Air Canada, Claude Morin aura à cœur en premier lieu la cohésion entre les équipes de ventes basées partout à travers le monde. L'étendue du nouveau territoire s’avère être également un défi de taille. Alors que son prédécesseur, Mark Rosenberg, était strictement en charge des ventes en Amérique du Nord, Claude Morin devra chapeauter les mêmes projets, mais sur tout le réseau mondial. « Mais comme je vous dis, le plus gros défi de loin, c’est le ralentissement économique et le prix du pétrole qui demeure très élevé. »



© Logimonde Inc. Tous droits réservés
Renseignements : salledepresse@logimonde.com
450-689-5060 poste 223