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04 novembre 2008

Monique Audet : une vocation destinée
Anne-Marie Santos
Monique Audet
C’est par une chaude journée du mois de septembre que je me rends à la rencontre de Monique Audet, à Ville Saint-Laurent, où sont érigés les locaux d’Uniglobe. Et d’ailleurs, elle occupe son bureau complètement seule. Une entrée, un bureau, une salle de conférence. Visiblement, la solitude ne lui fait pas peur. Tout sourire, elle m’accueille chaleureusement en m’invitant à prendre place dans la salle. Je m'assieds devant elle. Je l’observe. Elle est coquette et possède beaucoup d’entregent.

Quand je lui dis qu’elle devra se livrer à ExpressVoyage.ca sous un ton plus personnel, elle s’exclame du coup : « Oh! J’espère que vous avez de longues heures devant vous ». Le ton de l’entrevue est lancé. Elle aura vraisemblablement beaucoup de choses à nous apprendre sur elle.

Alors que l’industrie la connaît comme vice-présidente d’Uniglobe pour l’Est du Canada, mais aussi comme figure militante au sein de l’ACTA, Monique Audet se révèle sous un nouveau jour : une femme passionnée.

Elle partage sa passion innée entre les sports, le ski et le golf tout particulièrement, le temps passé en bonne compagnie, les voyages et l’amour avec un grand A. « J’aime l’amour, je suis en amour avec l’amour! J’aime aimer, c’est bon à tous les niveaux. Aimer ses amis, ses frères et sœurs, aimer ses parents même s’ils ne sont plus là, c’est sûr Aimer un homme c’est encore mieux! », affirme sans retenue celle qui partage sa vie avec « son Michel » comme elle aime l’appeler depuis plusieurs années maintenant. « Plus on vieillit, plus on réalise que c’est important d’avoir ces gens qu’on aime autour de nous », ajoute-t-elle.

Un nouveau commencement

Le moindre qu’on puisse dire, c’est que Monique Audet a droit à une vie remplie. Ayant fait son entrée dans l’industrie du voyage hasardement, elle a néanmoins eu la piqûre pour ce domaine dynamique et stimulant. « L’industrie du voyage n’était pas une carrière projetée en tant que telle car j’avais fait mes études en assurances ». C’est lorsqu’elle a fait la rencontre de Roger Brunet à Val d’Or, un courtier d’assurances qui possédait également une agence de voyages, que le déclic s’est fait.

Elle était complètement novice dans le domaine, mais M. Brunet a vu clair en elle. Il lui dit à l’époque : « écoute avec les yeux bruns que tu as, tu dois être une personne qui apprend vite, alors moi, je veux t’engager. » Ce qu'il a fait. Elle a appris sur le tas car il n’y avait pas d’école de tourisme à l’époque, vers 1970. Puis, un peu plus tard, elle effectue un retour dans sa région originelle, Montréal.

Monique Audet, une femme affairée
« Dès mon retour, je suis retournée en assurances, mais je m’ennuyais. J’avais goûté à l’industrie du tourisme et ça avait été comme une piqûre pour moi. L’assurance c’était moche et ennuyant. Je n’avais pas le même piquant que pour l’industrie du voyage. » Il ne suffisait que de demander pour recevoir. Elle décroche un poste d’agente de voyages à l’agence Viau sur St-Denis en 1973. Elle y a roulé sa bosse pendant 22 ans, des années pendant lesquelles elle a connu la fusion de son agence au regroupement Marlin Thomas Cook.

Elle a aussi acquis sa propre agence franchisée Viau, et l’a conservée pendant près d’un an et demi. « J’aimais mieux être employée qu’employeur car je suis une personne qui a de la difficulté à déléguer. En tant qu’employeur, on veut tout faire. Faire des sous, faire la comptabilité, la vente, le marketing. C’était une charge que je ne voulais pas. » Elle a donc remis l’agence à M. Viau qui lui proposa du même coup le poste de directrice. « Ça m’a permis de voir le côté propriétaire d’agences de voyages qui me sert aujourd’hui envers nos franchisés d’Uniglobe. J’ai donc gravi pas mal tous les échelons, de l’agente à la propriétaire, directrice; du corporatif au voyage de loisir. Ils m’ont aussi nommée directrice régionale pour la province de Québec chez Thomas Cook dans les années 1993 à 1995. »

C’est finalement en 1995 qu’elle a abouti chez Uniglobe. 13 ans déjà! « En tant que vice-président d’Uniglobe, je chapeaute surtout le support aux franchisés. On a dix agences au Québec et on assure le support visuel et technique, la formation aux franchisés, le support moral, la résolution de problèmes avec les grossistes, ainsi que le volet publicité et marketing pour toutes les franchises du Québec. Puis, on tente de recruter de nouveaux membres. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer ! Et c’est vraiment mieux comme ça ! »

Un brin occupée dans son quotidien, Monique Audet admet toutefois apprécier le fait que la routine n'est pas courante dans ce milieu. Ce qu’elle aime le plus de son travail ? « Nos franchisés sont comme ma famille, ma deuxième famille si je peux dire. Je me sens comme une maman qui a pleins d’enfants et qui cherche à les aider. Je suis généreuse de mon temps et j’aime leur apporter du support. Ce sont mes clients; c’est grâce à eux que j’ai un emploi et c’est ma priorité », confie-t-elle.

Une femme impliquée

Monique Audet et son entourage
Monique Audet, de nature généreuse, aime à s’impliquer dans des projets et associations. On la voit d’ailleurs militer au sein de l’ACTA Québec. En entrevue, elle a révélé la motivation profonde cette implication. « La foi! Je trouve que l’industrie du voyage manque d’implication. Je pense que le bien-fondé d’une telle association est de représenter l’industrie. J’y crois et je veux faire avancer les choses. Je tiens à ce que l’agent de voyages soit reconnu tout autant qu’un autre métier. Pourquoi n’avons-nous pas de reconnaissance à nous? On travaille tellement fort! Les agents de voyages veulent avoir de la reconnaissance, mais on dirait qu’ils ne veulent pas s’impliquer pour faire avancer le dossier. C’est toujours le même petit monde qui est en avant et qui fait la parade. Mais je sais qu’on va y arriver !»

Elle s'implique également dans un nouveau dossier connexe à l’ACTA : le Comité consultatif des agents de voyages. Elle a été nommée par Louis Borgeat, président de l’Office de la Protection du Consommateur. Le comité crée des rencontres à tous les trois mois afin de traiter des principaux enjeux à l’égard de l’industrie du voyage. « J’ai assisté à ma première réunion et j’ai bien aimé. Il y a des postes d’ouverts autant du côté de l’ACTA et du comité, avis aux intéressés. »


Avec du recul, Monique Audet semble ravie du parcours professionnel qu’elle a emprunté, un peu malgré elle d’ailleurs. « C’était inattendu. Je ne pensais pas atterrir dans ce domaine. Je n’étais pas tellement bonne en géographie. Je suis heureuse et satisfaite de mon parcours qui m’a menée à la vice-présidence d’Uniglobe. Ce qui m’a permis d’être là aujourd’hui, c’est d'avoir traversé toutes les étapes. J’ai apprécié chaque moment, chaque étape. Tout était beau et l’est encore aujourd’hui. » Et elle dit d'ailleurs aimer par-dessus tout le défi de se lever tous les jours pour travailler dans ce milieu qu’elle chérit.


 
On la connaît comme un bourreau de travail, impliquée et généreuse. Mais qui est-elle essentiellement ? Voici un petit Vox Pop pour connaître la face cachée de Monique Audet.

On te propose de vivre la vie de quelqu’un d’autre, qui serait-ce ?

Il faut que ce soit une vedette parce que j’ai toujours aimé les micros. C’est pour ça qu’au tournoi annuel de l’ACTA, j’aime faire « mon show » en avant.  Si j’avais à vivre la vie d’une personne, ce serait sans doute une actrice qui aurait un rôle important et qui serait « Rich & Famous ». Je pense à la belle Sharon Stone : une femme puissante qui ne s’en laisse pas imposer. Un peu tigresse, autant avec les hommes que dans la vie, que les gens pourraient envier de tout avoir (même si elle est peut-être bien malheureuse). Et bien entendu, avec une belle convertible et une maison donnant sur la mer. Tu sais dans le voyage, il y a des forfaits tout inclus haut de gamme, c’est un peu ça que j’aimerais avoir dans ma vie (rires)!

Décris-moi ta vision du voyage.

Monique est tombée en amour avec les eaux cristallines de Cayo Largo
Le voyage en un mot, c’est une évasion! Quand je voyage, c’est particulièrement pour aller me reposer et voir comment vivent les autres. C’est aussi un repos; décrocher parce que je suis accrochée dans mon monde. J’ai cette facilité de décrocher. Quand j’embarque dans l’avion, je suis en vacances avec un V majuscule. Et enfin, le voyage pour moi, c’est avoir du plaisir, faire du sport aussi, mais surtout m’amuser, rire et ne penser à rien. Je me réserve toujours trois semaines pour mes voyages personnels. Souvent deux semaines au soleil et une semaine de ski dans Charlevoix ou ailleurs dans les Laurentides.

On se rencontre il y a 15 ans, qu’aurait-il de différent avec la Monique Audet que je vois devant moi aujourd’hui?

Je te dirais qu’à l’âge où je suis rendue, la grande différence c’est que j’ai en moi beaucoup plus de sagesse. La sagesse, c' est aussi être bien avec soi-même et en contrôle de ce que l'on fait. Wow! C’est fort un peu! (rires)  C’est sûr qu’il y a toujours des imprévus, mais on maîtrise mieux les choses: ses émotions, son stress, ses nerfs. Tout ça, c'est un dérivé de la sagesse. On apprend à être bien avec soi-même…  mais là je suis assez sage, il faut que ça arrête! (rires)

Que crois-tu que les gens disent de toi quand tu n’es pas là ?

Monique, une femme sportive
Elle est dont bien fraîche! (rires) Ce n’est pas justifié, c’est plutôt une allure physique. Mes amis disent « Monique et ses petits kits » parce que j’aime les belles choses, j’aime bien m’habiller, être coiffée, maquillée et les petits bijoux qui vont avec. Et souvent, lorsque les gens ne te connaissent pas, ils ne vont regarder que l’apparence physique. Par contre, quand on apprend à me connaître, cette barrière disparaît.

Ton pire défaut avoué ? Et inavoué.

Facile! Je suis intolérante « slash » impatiente. J’assume les deux. Oh oui! Oh oui! J’essaie de corriger mon impatience, J’ai fait des progrès, mais il reste place à l’amélioration. Peut-être parce que j’ai toujours cherché la perfection; j’ai eu un père qui nous poussait vraiment en ce sens. J’ai de la misère à tolérer que les gens ne s’appliquent pas pour faire des choses, la nonchalance, les gens qui ne sont pas assez vite, les gens qui se laisse aller. Je me dis que dans la vie, il y a des efforts à donner. Je n’ai pas de tolérance envers quelqu’un qui se plaint toujours. Fouette-toi, aide-toi! C’est trop facile de se laisser aller…

Ta plus belle qualité ?

Monique ne dit jamais non au plaisir !
Ma générosité. Je suis une personne qui aime tellement donner. Je suis tellement heureuse de donner de mon temps et j’aime faire des cadeaux. Donc, la générosité en général!

Lequel des 7 péchés capitaux te correspond le mieux ?

Je choisirais l’orgueil, mais ce n’est pas démesuré. C’est bien de l’être un peu, c’est être fier de soi et prendre soin de soi.

À quoi dis-tu toujours non ?

Veux-tu du dessert? Je n’ai pas de mérite, j’ai le hoquet (rires). Le sucré me donne le hoquet! Je ne suis pas une maniaque de toute façon. À choisir entre un cornichon à l’aneth et un gâteau, je choisis le cornichon sans hésiter!  En plus, ça fait engraisser! J'ai plutôt un bec salé et surette.

À quoi dis-tu toujours oui ?

À une invitation! Un party, un souper, un resto, tout ce qui rime avec plaisir et sortir. J’adore. Je dis toujours oui ; on trouve le temps pour ça.

Comment abordes-tu la vie ?

Monique en voyage
D’abord, à chaque matin quand je me lève, je veux accomplir quelque chose dans ma journée. Je dois me coucher le soir en me disant « YES » ! Sinon ma journée est ordinaire, il manque quelque chose. Si je ne peux me dire que « j’ai accompli », ma journée n’est pas bonne. Il faut que quelque chose ressorte, un élément quelconque.

As-tu l'impression que ta vie t’a menée là où tu as toujours voulu aller ?

Oui, oui ! « I called the shot », comme on dit en anglais. Je ne veux pas que ma vie me mène, j’ai plutôt fait le choix de mener ma vie. J’ai une bonne intuition, je devine pleins de choses, alors je réussis parfois à savoir où certaines choses vont me mener. Je suis une « devineresse ».

Ton meilleur scénario pour la fin du monde ?

Le soir précédent, je m’ouvre une bonne bouteille de vin, je repense à tout ce que j’ai fait et je me dis : « It was nice ! » (C’était bien !)

On se donne rendez-vous dans 5 ou 10 ans…

Je serai à ma retraite, ça c’est sûr et certain. Je vivrai dans ma maison à Ste-Anne-des-Lacs, tout en ayant mon condo en Floride. J’aime la Floride, que veux-tu! Les cinémas, les magasins, la plage, les belles personnes…! Et je serai toujours avec Mon Michel, c’est mon homme pour le restant de ma vie…

ExpressVoyage.ca tient à remercier Monique Audet pour sa participation et sa générosité.



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