Tête-à-tête avec Lucie Latraverse Anne-Marie Santos
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| Lucie Latraverse | |
« Quelle belle vie j’ai eu ! Et elle est loin d’être finie ! », s'exclame d’entrée de jeu Lucie Latraverse lors d’un tête-à-tête, comme un survol de son passé conjugué à une introspection éphémère. Lucie me reçoit dans le confort de son chez soi, en plein cœur d’un quartier effervescent du centre-ville. Son condo allie style contemporain et goût distingué. Je trouve qu’il lui ressemble. Un simple constat que l’on émet après avoir passé deux heures en sa compagnie. On y retrouve des trouvailles dénichées aux quatre coins de la Terre, de même qu’un espace japonais qui agrémente le décor. Puis, un bureau fait état de son travail à domicile.
Lucie est consultante pour les circuits Trafalgar, commercialisés ici par Vacances Transat. Un travail pour lequel elle se dévoue corps et âme, le reflet même d’une passion intrinsèque. On surnomme d’ailleurs Mme Trafalgar celle qui se veut l’ambassadrice des populaires circuits européens sur le marché franco-canadien.
C’est l’histoire d’une passionnée d’histoire et de géographie émérite que je m’apprête à vous raconter. Une vocation « écrite dans le ciel », comme le dit si bien Lucie ! Si elle n’a pas travaillé directement dans le domaine de la géographie et ses tangentes, c’est dû à un concours de circonstances. Un mariage avec un géographe de profession, suivi d’un déménagement à Drummondville. « Dans une municipalité comme Drummondville, il y a assez d’un géographe », affirme Lucie, en justifiant sa réorientation professionnelle. Malgré ses débuts de carrière en enseignement, elle confie ne jamais « avoir perdu la planète de vue » à cette époque.
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| Ses enfants | | Tellement qu’à ce jour, Lucie croit avoir visité pas moins de 85 pays de part et d’autres de la Terre. « J’en ai perdu le compte, mais mon fils s’occupe de suivre mes déplacements à ma place. Depuis qu’il est jeune, il compile billets d’avions et destinations pour mes propres voyages », évoque-t-elle, en soulignant que sa progéniture est également un passionné de voyages, tout comme sa fille biologiste, qui habite maintenant en Californie. Une passion héréditaire sans doute…
Cet amour pour la planète, les cultures et les saveurs devait trouver sa raison d’être dans son quotidien. C’est pourquoi elle a gravi les échelons du domaine du voyage, en débutant comme agente de voyages, en passant par les fournisseurs et grossistes. Le point culminant de sa carrière fut l’acquisition de sa propre agence de voyages à Drummondville 10 ans plus tard, en prenant 15 employés sous son aile. « Je n’avais aucune connaissance du monde des affaires, j’ai tout appris par moi-même. Je suis une touche à tout, en plus de m’impliquer fortement socialement », exprime Lucie, avec un fier regard sur le passé.
Être propriétaire de cette agence, vendue en 2001, l’a mise sur la bonne voie. « C’est là que j’ai déployé mes ailes. Faire connaître notre fameuse planète aux gens m’a toujours apporté beaucoup de satisfaction. » C’est cette passion des pays qui lui a permis d’acquérir son expertise dans l’industrie, une passion qu’elle qualifie d’ailleurs de « transparente ». « J’ai toujours été considérée comme une référence professionnelle, en ayant comme but de rendre hommage à cette profession. Les agents de voyages exercent un métier compliqué; j’ai toujours cru qu’il fallait travailler sur la notion de ‘comment aborder la vente de voyages’. »
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| Lucie parcourt le monde... | | C’est sous cette perspective qu’elle devint consultante chez Trafalgar en février 2005. « Trafalgar a toujours été reconnu pour vendre de très beaux produits », commente-t-elle à propos de l’entreprise qui célèbre cette année son 15e anniversaire d’existence au Canada francophone. « Mon premier mandat a été de revoir et peaufiné le produit, en plus de l’adapter à la clientèle francophone, mais également d’en créer d’autres sur mesure pour eux. » Depuis, elle a aussi instauré le Manuel pour professionnels du voyage des Circuits Trafalgar. « J’ai créé le manuel en fonction des besoins d’information que j’ai décelé chez les agents de voyages. On y retrouve des circuits agréables à vendre aux clients, en plus des sélections de Lucie », le tout créé pour faciliter la tâche des agents de voyages tout aussi passionnés qu’elle.
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| Lucie s'est livrée à une séance de photos dans le confort de son chez-soi | |
Personnalité active
La vie de Lucie trouve son sens dans le bonheur et l’équilibre. « Quand tu voyages beaucoup, tu as la chance d’explorer plusieurs facettes de la vie. Quand tu rencontres des gens de toutes conditions, tu réalises que le bonheur est facile à atteindre », confie-t-elle sur un ton laissant croire qu’elle ajouterait « il suffit de s’en donner la peine. » Elle opte plutôt pour passer un message d’optimisme entre deux phrases : « Nous sommes tellement chanceux ici, que nous n’avons pas le droit de nous plaindre », soutient celle qui avoue avoir une forte tendance à la dédramatisation. Le bonheur peut-être si simple. Les yeux bleus de Lucie le laisse comprendre. Elle y croit.
Cette perception de la vie semble provenir d’un profond intérêt pour l’être humain, en parallèle avec son habitat. « J’aime l’être humain dans son ensemble. Je m’intéresse à la psychologie. Je veux comprendre ce qui se passe chez l’autre, découvrir la motivation des gens et analyser leurs comportements. »
Grâce à cette soif de tout connaître, elle parcourt le monde entier en quête de découverte. « Je suis une personne ouverte, pleine d’énergie et en très bonne santé. Ma valise n’est jamais très loin, je suis toujours prête et je saute sur toutes les opportunités », dit-elle avec une certaine introspection. Mais cette Lucie, travaille-t-elle à travers tout ça ? « Même en voyage, je travaille ! », à Paris, Moscou, en Patagonie, d’où elle revenait d’ailleurs quelques jours avant l’entrevue, rien ne semble lui mettre des bâtons dans les roues. « Je suis heureuse partout : à la plage, sur les plaines, sous l’eau, en montagne, dans le désert… Je suis caméléon ! »
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| Lucie accompagnant un groupe lors d'un voyage de familiarisation | | À ses yeux, le voyage doit se conclure sur une impression. « J’ai une mémoire sélective. Je me souviens d’une atmosphère, d’un moment. Je perçois les villes comme des personnes; je leur attribue des traits humains. Pourquoi je les aime ? », lance-t-elle en illustrant ses propos avec Paris. « Quand j’y vais, je rentre chez moi. C’est comme si j’allais visiter une bonne amie… »
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| Lucie saisit chaque moment que la vie lui offre | | Si le voyage fait partie intégrante de la vie de Lucie, il n’en demeure pas moins que la Terre ne s’arrête pas de tourner lorsqu’elle revient au bercail. Témoignant d’une personnalité « goûte à tout », Lucie visite régulièrement cinémas, théâtres et salles de concerts. Elle possède par ailleurs un intérêt particulier pour la cuisine et le sport. « Il y a peu de sports pour lesquels je ne suis pas équipée ! », avoue-t-elle, sur un ton humoristique. Et c’est sans compter le tango qui vient de faire incursion dans sa vie et ses expériences antérieures de saut en parachute et de bungee extrême en Nouvelle-Zélande. « Mais je suis autant capable de contemplation que d’action », image-t-elle à l’instar de son chalet dans le Nord, où année après année, elle observe les changements sporadiques de Dame nature.
« Je suis une femme qui mord dans la vie. Je suis une insatiable ! Ce que j’ai, j’en prends soin et j’en profite. Mais il y a toujours place à plus. Je suis accomplie et comblée; à compter de maintenant, tout ce qui m’arrivera sera du surplus ».
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