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| Luce Prud'Homme | |
Luce Prud’Homme a 67 ans et n’a pas peur de le dire. D’ailleurs, elle fait référence à son passé en terme de siècles et parle de certaines expériences vécues « il y a cent ans » ! Et malgré qu’elle ait exercé plusieurs métiers, fait des dizaines de voyages et soit visiblement une femme occupée, elle reste convaincue que son cheminement est moins impressionnant que d’autres. « Dans la vie, je trottine et j’aime ça », explique t-elle tout simplement, un sourire en coin. Rencontre avec une femme simple, authentique et spontanée qui fait de sa vie une vie en couleurs.
TMR : un beau hasard
Luce Prud’Homme a étudié en marketing, a été professeur d’anglais, a travaillé pour le consulat polonais, pour la compagnie Dupont Canada aux fibres et textiles, pour un fabricant de réfrigérateurs : Les Industries Roy, et a été mère au foyer pendant sept ans avant d’atterrir, par pur hasard, dans le monde du voyage.
« J’ai joué à la maman, j’en ai profité au maximum, mais à un moment, j’ai eu envie de retravailler », se souvient-elle. À cette époque, elle jouait souvent au tennis avec une voisine et amie, à Sainte-Thérèse. « Un jour, je lui ai dit ’'j’ai tellement envie de retourner travailler’’ ! » Cette amie en a parlé à son mari, André Gingras, fondateur et, à l’époque, propriétaire de Tour Mont-Royal. Quand il a eu besoin de quelqu’un, André a engagé Luce, à temps partiel pour commencer. Et voilà « des siècles » plus tard, comme elle le dit, plus précisément 36 ans plus tard, Luce s’y trouve toujours. Au fil du temps, elle s’est occupée des réservations, a accompagné des croisières et des tours dans l’ouest canadien, a été représentante à destination à Miami et représentante sur la route avant de devenir directeur marketing il y a 25 ans.
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| Luce Prud'Homme est chez TMR depuis 36 ans | |
À bien y penser, Luce ajoute que même si elle s’est retrouvée par hasard dans le domaine, elle y était finalement un peu prédestinée. « Mon père avait comme passe-temps l'amour de l'aviation .... il était d'ailleurs pilote, pour son bon plaisir, et plus jeune nous partions en avion avec lui comme les autres enfants partaient en auto pour une balade », explique t-elle. Aujourd’hui, plusieurs membres de sa famille se trouvent aussi dans le milieu de l’aviation. La présence de Luce dans le domaine du voyage est donc… un hasard, quelque peu prévisible !
Hasard ou pas, ce qui est certain, c'est que Luce aime son travail de directeur marketing: ça crève les yeux. « J’aime mieux qu’on dise directeur parce que directrice, ça fait directrice d’école, explique t-elle quand on parle de son poste. Et toutes les directrices d’école que j’ai eu m’ont disputée parce qu’elles me trouvaient insoumise, ce que d’ailleurs, j’ai toujours été », ajoute t-elle avec un petit air taquin.
Au quotidien, Luce doit véhiculer le nom du voyagiste. « Je m’occupe de la brochure, des journalistes, de la réservation des médias, des plans marketing, des événements spéciaux et de la publicité », explique t-elle. Deux graphistes sont avec elle pour l’aider dans la réalisation des projets.
Voyages, voyages
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| Luce, lors d'un séjour à Cuba | | Comme bien des gens de l’industrie, Luce ne pensait pas, un jour, travailler dans le domaine du voyage. Mais depuis qu’elle y est, elle ne peut plus s’en passer. « Peu à peu, je me suis familiarisée avec le milieu et c’est devenu une passion. Une fois que tu touches à ça, c’est comme la drogue, plus t’en as, plus t’en veux », affirme t-elle. Ce qu’elle aime du milieu ? « ...l’absence de routine, l’évolution continue des produits et les échanges avec les gens de l’industrie. »
En parlant de l’industrie, Luce avoue son souhait secret pour le monde du voyage : « Je comprends que les gens partent en vacances fatigués. C’est beau et reposant les tout-inclus, mais ce serait bien aussi de prendre le temps de découvrir les pays et de parler avec les habitants. Il y a les vacances pour se reposer et les voyages pour découvrir. Je suis plutôt du type voyages découvertes. C’est tellement enrichissant d’échanger ! », dit Luce qui est d’avis que la nouvelle génération est sur la bonne voie de ce côté et est plutôt portée sur les voyages de découvertes.
Du bout du monde à la Gaspésie
Luce a fait beaucoup de voyages. Elle a vu le Sud, l’Europe et l’Asie. Mais candidement, elle avoue que depuis plusieurs années, son voyage annuel, son pèlerinage, c’est la Gaspésie. « Ma Gaspésie ». Elle a une amie qui a une maison là-bas et chaque année, depuis 10 ans, avec une amie du bureau, elle part deux semaines pour aller s’y ressourcer. « J’aime l’air pur qu’on y retrouve, le calme, et les gens, qui sont incroyables ! Et quand je suis en Gaspésie, je peux vraiment décrocher parce que je ne suis pas portée à vérifier si la chambre d’hôtel est propre, si le service est adéquat ou si les clients ont l’air heureux. » Chaque année, Luce y a ses arrêts obligatoires : le gîte du Mont-Albert pour une randonnée, les petites boutiques sympathiques pour les découvertes, les plages pour se reposer et pour aller ramasser des cailloux. « C’est pas compliqué : quand je suis là-bas, je retombe en enfance ! »
Une vie bien remplie
Quand on lui demande ce qu’elle fait en dehors du travail, les yeux de Luce s’illuminent et elle se met à parler de toutes ces petites choses qu’elle aime et qui font sa vie. La famille, le vélo, la marche, la lecture et le théâtre en font partie.
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| Le vélo, les journées en plein air et les amis font partie de la vie de Luce | |
Quand le temps le lui permet, Luce adore profiter de son condo, à Montréal, et s’adonner aux activités qui la rendent heureuse. « J’aime être chez nous. Mon petit condo, ma terrasse, mes fleurs, mes livres…. Je suis très bien avec moi-même ; moi et moi on s’entend très très très bien ! », assure t-elle en riant.
Quand elle a le temps, cette mordue de culture lit surtout des biographies et des romans historiques qui portent sur le Québec. « Quand on nous a enseigné l’histoire à l’école, j’ai l’impression qu’on ne nous a pas tout dit… On a passé à côté de certains faits qu’on considère un peu moins glorieux. Moi, ça me passionne de découvrir cette histoire cachée », explique t-elle. Coco Chanel, l’histoire des patriotes, la trilogie historique de Marie Laberge, la saga de la famille Dufresne et les livres de Michel Tremblay sont autant de romans qu’elle a dévorés et adorés.
Les soirs, Luce se rend souvent au théâtre ou dans des concerts. « Si je suis toute seule, je m’en fou, j’y vais quand même ! » Sur son bureau, le dépliant du Théâtre du Nouveau Monde. « Il faut que je pense à prendre mon abonnement annuel… » Luce parle de la vie culturelle montréalaise avec tant de passion que ça donne envie de se rendre tout de suite dans une salle de spectacles. « Les pièces, les concerts, ça me rappelle les histoires que ma mère me racontait quand j’étais petite... », avoue t-elle.
Des mois d’être chers
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| Luce entourée de sa petite famille | | C’est à son tour maintenant de raconter des histoires puisque Luce a deux petites-filles de huit et 10 ans. « Deux princesses » qu’elle aime beaucoup amener au musée, au Jardin Botanique, au théâtre et au ballet de Casse-noisette dans le temps des fêtes. « Elles ne sont pas obligées d’aimer ça, explique t-elle. Je veux seulement qu’elles connaissent à peu près tout pour ensuite avoir l’opportunité de choisir ce qui les intéresse. »
Puis, Luce se lève, prend des photos posées près de la fenêtre et décroche un calendrier du mur. Ce dernier lui a été offert par sa fille à Noël dernier. Une photo des proches de Luce illustre chaque mois. Ensemble, nous regardons les photos et parcourons chaque mois du calendrier. Me voilà dans la vie de Luce ; son fils, sa fille, tous deux dans la quarantaine, ses deux petites « princesses », sa meilleure amie… « Tu vois, je suis entourée de tout ce monde là et ça me suffit », souffle t-elle sereinement.
Penser positif
Sans l’ombre d’un doute, Luce Prud’Homme est une femme très positive. « J’ai eu un petit problème de santé l’année dernière (qu’elle balaie de la main). C’est maintenant réglé. Je suis sûre que j’ai eu ça parce que quelqu’un, quelque part à dit : ’'elle n’a jamais rien qui ne va pas, on va lui envoyer quelque chose juste pour voir comment elle va réagir’’. Alors j’y ai fait face, et ça a passé. »
Quand on lui parle de retraite, Luce s’exclame : « Ben là ! Je suis de bonne humeur et je suis en forme, alors pourquoi je resterais chez nous ? » Elle a beau dire, elle semble tout de même avoir déjà plusieurs projets pour quand « elle sera rendue là ». « Pratiquer mon espagnol, prendre des cours de peinture, rafistoler des vieux meubles.. »
Alors que l’entretien se termine, Luce explique : « C’est sûr qu’il y a des gens dans l’industrie qui ont des cheminements autrement plus particuliers et impressionnants que le mien… Je veux dire, je n’ai pas défoncé de murs, je n’ai pas sarclé de jardin, mais je suis bien et j’ai une belle vie. Tant et aussi longtemps que Dieu me donnera la santé, je continuerai cette vie que j’aime ».
Inspirée et inspirante, Luce Prud’Homme…
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