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Lundi, 13 mai 2013

Panama City : Dubaï en Amérique centrale
André Désiront
Panama City : Dubaï en Amérique centrale
La tour torsadée du F&F Building.

La tour torsadée du F&F Building.

Panama City : Dubaï en Amérique centrale
Une forêt de gratte-ciel, dont certains, comme la F&F Tower, avec ses 52 étages disposés en torsade, semblent défier les lois de l’équilibre, un musée issu de l’imagination débridée de Frank Gehry, concepteur du Guggenheim de Bilbao, et qu’un journaliste spécialisé qualifie de « psychédélique », une frénésie immobilière qui ferait pâlir d’envie les émirs de Dubaï : Panama City, la métropole la plus dynamique d’Amérique centrale change de jour en jour. Notre journaliste, qui y avait séjourné en 2002, y est retourné, invité par Nolitours. Il n’a qu’un mot pour décrire la mutation survenue en 11 ans : méconnaissable!

Quelque minutes après avoir quitté l’aéroport international de Tocumen par le Corredor Sur, l’autoroute qui longe le Pacifique jusqu’au centre-ville, une enfilade de gratte-ciel accroche l’œil. Non, nous n’étions pas encore arrivés au cœur de Panama City, même si les tours qui se dressent à plus de 200 mètres de haut évoquent le quartier des affaires d’une mégapole affichant une insolente santé économique! Ce bouquet touffu de « buildings », dominé par deux tours jumelles de 80 étages, jalonne le front de mer de Costa del Este, un lotissement immobilier flambant neuf de villas et d’appartements de grand luxe, étalé au bord du Pacifique, à l’écart du tumulte urbain.  Avant d’arriver au centre-ville, il faut encore dépasser Panama Viejo, les ruines de l’ancienne cité des conquistadors, aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, puis un no-man’s-land qui ne le restera pas longtemps, car Panama City est une des métropoles les plus prospères d’Amérique latine et une de celles qui se développe le plus vite. Cette prospérité, elle la doit aux recettes générées par le fameux canal – 1,32 milliards $ en profits nets l’an dernier – mais aussi aux investisseurs venus du monde entier, attirés par un régime fiscal complaisant et par le secret bancaire. Le nombre de banques est un signe qui ne trompe pas : on en dénombre 95, dont les trois quarts sont des institutions étrangères.

Outre la banque et le canal, le tourisme et l’agriculture contribuent à aider le Panama à mériter son nom (« Panama » signifie « abondance »).

Les ruines de l’ancienne cathédrale sur le site de Panama Viejo
Les ruines de l’ancienne cathédrale sur le site de Panama Viejo

Lors de mon premier séjour, voici 11 ans, seule une poignée de gratte-ciel d’une trentaine d’étages se dressaient le long de l’Avenida Balboa, la grande artère à six voies qui festonne la baie de Panama, entre la presqu’île de Punta Paitilla, et celle de Casco Viejo, la vieille ville coloniale. Aujourd’hui, selon le site Skyscrapers, qui tient un inventaire de tous les gratte-ciel, c’est-à-dire les édifices de plus de 30 étages et de 100 mètres de hauteur, érigés dans le monde, on en dénombre 127 et 110 autres en construction, parmi lesquels Punta Pacifica, qui étirera ses 84 étages sur 346 mètres.

Parmi les plus remarquables, je mentionnerai le F&F building, une tour torsadée de 52 étages et 243 mètres de haut, plantée sur la Calle 50, principale artère du secteur financier. Donald Trump, qui comme on sait ne recule devant aucune extravagance, a fait bâtir une tour en forme de voile de navire, qui ressemble comme une sœur au Burj Al Arab de Dubaï. Le Trump Ocean Club, avec ses 70 étages, abrite un hôtel de 369 suites et 700 condominiums de luxe. Ici, on dit, d’ailleurs, que Panama City est la Dubaï d’Amérique centrale.

Maquette du futur musée de la Biodiversité
Maquette du futur musée de la Biodiversité

Et, comme dans les Émirats, on se paie des icônes architecturales. Celle de Panama City s’appelle le Musée de la Biodiversité. Elle est signée Frank Gerhy, la « starchitecte » américaine d’origine canadienne à qui on doit, notamment, le musée Guggenheim de Bilbao et l’Art Gallery of Ontario, à Toronto. Nous l’avons visité, samedi matin, grâce à une autorisation spéciale, car l’édifice n’est encore qu’une coquille vide dont la construction  ne sera achevée qu’en 2015.Il se présente sous la forme d’un enchevêtrement de toits de couleurs vives coiffants des structures cylindriques et cubiques, et il a des allures tellement tarabiscotées que le quotidien britannique The Guardian, qui a consacré un long article au projet, l’a qualifié de « psychédélique ». Il jouxtera un jardin botanique aménagé à l’entrée de la digue – le Causeway – qui relie les quatre îles de la baie au continent et fait paravent à l’embouchure du canal. Il abritera plusieurs collections consacrées à la faune et à la flore du pays, considérées comme une des plus riches de la planète sur le plan de sa biodiversité (davantage que son voisin, le Costa Rica). Chose certaine, on en reparlera, car à côté, le Guggenheim de Bilbao fait presque figure de bâtiment conventionnel! C’est d’ailleurs ce qu’espèrent les autorités panaméennes qui entendent faire de la ville une des grandes vitrines mondiales de l’architecture contemporaine.

Le musée de la Biodiversité, œuvre de Frank Gehry
Le musée de la Biodiversité, œuvre de Frank Gehry


Ils n’ont guère de difficulté à attirer les investisseurs, car le pays est épargné par les ouragans qui dévastent périodiquement ses voisins de la Caraïbe et par la menace des tremblements de terre qui pèse sur les autres capitales d’Amérique centrale. Et surtout, le climat social n’est pas gangrené par la violence endémique qui transforme Guatemala City, Tegucigalpa ou San Salvador en coupe-gorges. Les revenus du canal sont recyclés dans le système de santé et la sécurité sociale et le taux de chômage – 5 % - est dérisoire comparé à celui des pays d’Europe du Sud. Avec un PIB de près de 12 000 $ par habitant, les Panaméens ne flirtent plus avec la misère et, s’il vaut mieux éviter de se balader dans certains quartiers périphériques, ceux des arrondissements centraux sont relativement sûrs.

La cathédrale dans le quartier de Casco Viejo
La cathédrale dans le quartier de Casco Viejo

La ville n’est pas qu’un parangon de modernité. Ses habitants aiment dire que Panama City présente l’avantage d’offrir trois villes pour le prix d’une. En arrivant de l’aéroport, on effleure Panama Viejo, la première cité fondée en 1519 et détruite 150 ans plus tard par le pirate anglais Henri Morgan. Aujourd’hui ne s’y dressent plus que quelques pans de murs des grands édifices religieux de la ville où, au XVIIe siècle, vivaient 4000 personnes. Le site, classé par l’UNESCO en 2003, est flanqué d’un musée où l’on retrace son histoire et celles des civilisations autochtones qui y prospéraient avant l’arrivée des Espagnols.

Édifices de la ville coloniale
Édifices de la ville coloniale

Sur une grande presqu’île à l’Ouest des quartiers centraux, Casco Viejo (littéralement, le « vieux casque ») déploie ses églises des XVIIe et XVIIIe siècles et ses grandes demeures coloniales dans une bigarade de styles : baroque, néo-classique ou encore ces maisons aux façades de bois caparaçonnées de balcons comme on en retrouve tant dans le Vieux Carré de la Nouvelle-Orléans. Ce sont les anciennes demeures des ingénieurs et des administrateurs français venus construire le canal à la fin du XIXe siècle. La moitié des façades sont lézardées et tuméfiées par les ravages du temps et du climat. Les rénovations ont rendus une seconde jeunesse à l’autre moitié de ces édifices, aujourd’hui reconvertis en restaurants, en bistros, en hôtels de charme ou en résidences de luxe. Quoi que moins étendu que le Vieux La Havane ou que la vieille ville de Carthagène, Casco Viejo est une des belles cités coloniales d’Amérique latine.

La visite de cette métropole vibrante de 1,2 millions d’habitants est un must pour tout ceux qui viennent passer des vacances au Panama. Parallèlement à ses forfaits sur la Costa Blanca, qui se trouve à moins de deux heures de route, Nolitours propose un programme combinant séjour plage et séjour en ville : à défaut de faire fructifier ses économies en y construisant un gratte-ciel de 70 étages, c’est la meilleure façon de rentabiliser son investissement dans le prix du voyage.


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lyne Chapdelaine2013-05-13
Tiens nos journaux internent parlent de Panama City aujourdhui, c est d adond!!


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